CRAL ARTICLE
Alerte beau temps ! Le coup de chaleur peut survenir à la suite de plusieurs facteurs, comme une exposition prolongée à des températures élevées. Quels en sont les symptômes ? Découvrez-les ici.
Gabrielle souffre d’endométriose. Elle a toujours eu mal pendant les rapports sexuels et elle les évite de plus en plus. René trouve qu’il éjacule trop vite. Yannick, lui, ne comprend pas pourquoi, à 26 ans, il a des troubles de l’érection. Quant à Lena, depuis son accouchement, elle n’a plus aucune envie de faire l’amour.
Christine Debois, psychologue-sexologue au CHU de Liège, et Béatrice Panariello, psychologue-sexologue à l’hôpital de la Citadelle, indiquent que les baisses de désir sexuel sont un phénomène inhérent à une vie de couple. La vie sexuelle de chacun est faite de hauts et de bas.
Cette baise de libido devient un véritable trouble du désir lorsqu’elle survient sans raison apparente et persiste dans le temps.
Le trouble du désir est un des problèmes sexuels les plus complexes à traiter car il est, la plupart du temps, multifactoriels (comme toutes les dysfonctions). Chez un même individu, ce trouble implique un enchevêtrement de variables compliquées et affecte l’échange intime à sa base.
Christine Debois rappelle que le trouble du désir est reconnu comme la dysfonction sexuelle qui amène le plus de résistances au traitement. Lorsque le désir est en berne de façon durable et que cela provoque de la souffrance au sein du couple, une prise en charge sexologique peut donner des clés pour mieux comprendre la situation, et tenter d’en sortir.
Il est important de distinguer le désir et l'excitation sexuelle. Selon Béatrice Panariello, le désir consiste à avoir envie d'initier ou de s'adonner à une activité sexuelle, tandis que l'excitation concerne plutôt l'aspect fonctionnel et physiologique de la sexualité, comme l'érection chez l'homme et la lubrification vaginale chez la femme.
Il est préférable que le désir et l'excitation soient présents simultanément, mais ce n'est pas toujours le cas.
Par exemple, chez l’homme, les deux phases fonctionnent différemment. Un homme peut avoir beaucoup de désir pour sa/son partenaire et ne pas obtenir d’érection pour une raison organique et/ou psychologique. Inversement, l’homme en panne de libido peut conserver des érections normales (matinales et autres) mais ne plus avoir aucun désir vers l’autre pour avoir une activité sexuelle. Il peut même développer une aversion pour la chose.
Cette situation peut amener beaucoup d’incompréhension et d’incommunication dans le couple : dans une relation hétérosexuelle, pour la plupart des femmes, l’érection est le témoin du désir de l’homme pour elle et, par continuité, de l’amour qu’il éprouve pour elle. De même, le vagin d'une femme peut se lubrifier indépendamment de son désir, ou de son consentement.
La distinction entre le désir et l'excitation est importante car elle peut influencer la prise en charge globale.
Il est important de noter qu'un trouble fonctionnel, tel que des problèmes d'érection, d'éjaculation, de sécheresse vaginale, ou de vaginisme, peut également être le symptôme d'un désir sexuel hypoactif (ou DSH).
Un désir sexuel est décrit comme hypoactif lorsque le désir est insuffisant pour déclencher l’envie de passer à l’acte et/ou d’apporter de la satisfaction sexuelle.
Selon Béatrice Panariello, les femmes ont tendance à identifier plus rapidement ce phénomène, en exprimant clairement qu'elles ont moins de désir qu'auparavant.
En revanche, les hommes se plaignent souvent d'un problème physique en premier lieu. D’un point de vue physiologique, il est nécessaire de différencier les troubles érectiles et les troubles éjaculatoires.
Les troubles éjaculatoires primitifs n’ont que très rarement une cause organique.
Suivant l’âge de l’homme et des différents facteurs de risque, les troubles érectiles ont, la plupart du temps, une origine organique, mais à laquelle se surajoute toujours un facteur psychologique d’angoisse de performance.
Cette angoisse peut, heureusement, être contrebalancée par des traitements médicamenteux efficaces, que l’on peut joindre à un traitement sexologique du comportement.
L’aspect psychologique joue donc un rôle majeur. L’angoisse de performance est bien connue des sexologues : c’est une anxiété qui s’empare de l’homme à la perspective de l’échec possible des réactions de son corps et plus précisément ici de son pénis. Elle est caractérisée par une pensée du type : « vais-je y arriver cette fois ci …ce qui ne permet pas le « laisser aller » à toutes les sensations érotiques.
Les croyances des hommes sur ce qui constitue un rapport sexuel satisfaisant, tant pour leur partenaire que pour eux-mêmes, sont si élevées que leur désir et/ou leur excitation ne peuvent pas être à la hauteur de leurs fantasmes.
L'objectif du suivi sexologique est alors de les aider à se détacher de la performance et de renouer avec le véritable enjeu de la sexualité de couple : l'intimité.
Le trouble du désir sexuel était autrefois exclusivement associé aux femmes (35 %). Ce trouble touche aujourd’hui presque autant les hommes. Selon la Global Sexual Attitudes and Behaviour Study, qui a étudié un échantillon de 13 618 hommes de 29 pays différents, 12,5 à 28% des hommes souffriraient d’une baisse du désir sexuel de manière occasionnelle, périodique ou fréquente et 1,3 à 3,9% des hommes de manière fréquente (Laumann et al., 2005).
Béatrice Panariello ajoute que, chez les hommes, en général, la disponibilité sexuelle est plutôt linéaire et constante dans le temps. En revanche, le désir féminin est plus cyclique et plus fluctuant, car il est soumis à davantage de facteurs.
Les hormones jouent un rôle, notamment lors des grands bouleversements tels que la grossesse, la période post-partum et la ménopause. Cependant, les hormones ne sont pas les seules responsables, car un désir sexuel hypoactif est toujours multifactoriel.
Le degré de satisfaction corporelle d'une femme, son état émotionnel du moment, son niveau de fatigue et de stress, son éducation et les injonctions auxquelles elle se soumet plus ou moins inconsciemment influencent sa réceptivité sexuelle.
De son côté, même lorsqu'il est stressé ou énervé, un homme peut ressentir le besoin d'avoir des relations sexuelles pour oublier ses soucis, parce que le rapport sexuel lui permet, à travers l’éjaculation, de gérer sa charge intérieure et donc de diminuer sa tension et son agressivité.
En revanche, une femme a besoin d'être relativement en paix émotionnelle et dans un contexte relationnel complice pour que son désir émerge et s'épanouisse.
Hommes et femmes n'abordent donc pas la sexualité de la même manière.
Beaucoup des couples ne connaissent que très peu l’évolution d’une histoire de couple. Ils s’imaginent que le désir va de soi et va perdurer tout au long de leur vie.
Le début, le plus souvent, est facile : on a un élan vers l’autre omniprésent, on se découvre, on se séduit, on aime être ensemble le plus souvent possible.
L’amour a besoin d’évoluer, de grandir et la sexualité va suivre ce mouvement. Ce passage de l’idéalisation du couple à la réalité qui s’installe est souvent délicat, voire douloureux. Avec le temps, on apprend à mieux connaître l’autre et la sexualité est un des moyens de dialogue avec sa/son partenaire.
Il est nécessaire à ces moments de ne pas confondre baisse du désir sexuel et diminution de l’amour que l’on a pour l’autre, car la baisse du désir pourra jalonner, plus ou moins régulièrement, la vie d’un couple.
Au sein du couple, cette baisse de désir peut être influencée par différents aspects, tels que :
Face à un désir sexuel hypoactif, le travail sexologique peut aider chacun des partenaires à retrouver une sexualité épanouie.
Entamer un travail avec un-e sexologue requiert une réelle volonté de changer, un pas qui n’est pas toujours facile à réaliser. Le suivi sexologique implique de sortir de sa zone de confort, d’interroger ses croyances en matière de sexualité et d’aller au-delà de ses habitudes et, parfois, de sa pudeur. Il s’agit surtout de (re)nouer le dialogue au sein du couple, car il est important de reconnaître que la souffrance puisse être partagée.
En aucun cas, il ne s’agira de forcer la/le partenaire à faire quoi que ce soit. L’objectif est plutôt de chercher ensemble les moyens de retrouver de l’intimité, de la tendresse, de la sensualité et du plaisir, dans le respect de l’autre et de soi-même.
Pour mener ce travail à bien, il est nécessaire de réaliser une bonne évaluation de la situation de la personne portant le symptôme et du couple.
La-le sexologue s’intéressera notamment à plusieurs paramètres :
Le travail sexologique pourra explorer différentes pistes de travail, notamment celles-ci recommandées par F. Bianchi-Demicheli, S. Ortigue, P. Meyer (Rev Med Suisse 2010;6:614-619) :
Sur le plan organique :
Amélioration de la qualité de vie :
Travail psychologique entre autres sur :
Amélioration de la relation de couple :
Travail sexologique :
Les causes de la perte de désir chez l’homme peuvent avoir des origines multiples : des facteurs organiques, des facteurs somatiques non liés spécifiquement à la sexualité, des facteurs spécifiquement sexuels ou des facteurs relationnels. D’autres facteurs, comme des troubles psychiques ou psychiatriques, des problèmes émotionnels, ou encore une forte consommation d’alcool et une mauvaise santé généralisée sont aussi associés à un désir sexuel hypoactif (Bianchi et al., 2010).
Une baisse de la libido masculine peut être induite par :
De ce point de vue, il est important d’avoir à l’esprit qu’il n’y a pas de cause unique, mais une réunion de plusieurs facteurs, dont l’importance varie.
Ces facteurs s’associent et la résolution de l’un d’entre eux ne signifie pas la résolution de l’ensemble.
En termes psychologiques, la baisse de la libido masculine relève de plusieurs variables, à la fois liée à la dynamique de couple, mais aussi à l’individu.
Chez les jeunes hommes, on peut également ajouter ces variables spécifiques :
Un désir sexuel est dit hypoactif lorsque le désir est insuffisant pour déclencher l’envie de passer à l’acte et/ou d’apporter de la satisfaction sexuelle.
Lors de la ménopause, par exemple, la chute des œstrogènes peut induire de la sècheresse vaginale. Or, sans lubrification, les rapports sexuels sont douloureux.
Préliminaires : cette notion sous-tend que tout ce qui précèderait la pénétration serait secondaire, moins important. Rien n’est plus faux ! Préférez-y les notions de jeux, de caresses, etc.
Libido : ce concept vient de la théorie de la pulsion sexuelle de Freud. Il ne permet pas de différencier le désir (mental) et l’excitation (physique) sexuelle.
Orgasme vaginal ou clitoridien : tous les orgasmes féminins viennent du clitoris, organe d’environ 10 cm de long dont seule une petite partie est visible. On peut éventuellement parler d’orgasme d’origine vaginale lorsque le clitoris est stimulé de l’intérieur, via une pénétration.
Le CHU de Liège et l’hôpital de la Citadelle vous proposent des consultations sexologiques :
Alerte beau temps ! Le coup de chaleur peut survenir à la suite de plusieurs facteurs, comme une exposition prolongée à des températures élevées. Quels en sont les symptômes ? Découvrez-les ici.
Face au cancer, la sexualité et l'intimité peuvent être bouleversées. Retrouvez des conseils pour maintenir le lien avec votre partenaire et prendre soin de vous.
À l'approche de l'automne, les journées plus courtes et la diminution de la lumière naturelle peuvent entraîner une sensation de fatigue accrue et affecter l'humeur. Nous vous expliquons des solutionsi ici.