Claire a 17 ans lorsqu’elle tombe amoureuse d’Annie. Nous sommes dans les années ‘70, une époque où les couples homosexuels n’ont encore que peu de droits en Belgique.
Le couple nourrit le rêve profond d'avoir des enfants, malgré les possibilités limitées. L’adoption est une option, mais Claire et Annie décident plutôt de se lancer dans un parcours de procréation médicalement assistée – ou PMA – grâce à l’aide de médecins prêts à faire évoluer les codes de la parentalité.
Dans un contexte social hostile et de manière presque confidentielle, Claire et Annie parviennent à obtenir l'accord d'un médecin pour une insémination artificielle. Ces tentatives restent vaines pendant quatre longues années. Une période particulièrement éprouvante pour elles, les multiples interventions médicales et la lourdeur du protocole médicamenteux laissant des traces aussi bien physiques que psychologiques sur le couple.
En désespoir de cause, le médecin leur propose une ultime tentative grâce à la fécondation in vitro. Claire tombe finalement enceinte de jumeaux.
Cette grossesse, bien que porteuse d’espoir, est éprouvante et soulève de nombreuses interrogations. En 1987, Claire accouche prématurément de jumeaux : un moment difficile pour le couple. En effet, à cette époque, le parent social, dans ce cas Annie, ne dispose d'aucun droit légal sur ses propres enfants. Elle se voit même refuser l'accès à l'unité de Néonatologie.
Cet événement marque le début d'une prise de conscience des injustices flagrantes auxquelles sont confrontés les couples homoparentaux, surtout à l’époque : l'absence de pouvoir décisionnel pour le parent social (celui qui n'est pas lié à l'enfant par un lien de filiation ni par aucun lien juridique), la nécessité de négocier avec les institutions pour qu’Annie puisse exercer ses droits en tant que parent.
Ce n'est qu'après la majorité de leurs enfants qu’Annie peut les adopter légalement, officialisant ainsi leur lien.
Bien que la Belgique soit considérée comme un pays avancé dans la lutte pour les droits LGBTQIA+, ce parcours met en lumière les défis persistants auxquels sont confrontés les couples homoparentaux. Le chemin vers une égalité de traitement est encore long, mais des pas significatifs ont été accomplis grâce au courage et à la résilience de personnes comme Claire et Annie.
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Le CPMA
Créé en 1983 sur le site de l’ancien Hôpital de Bavière, le Centre de Procréation Médicalement Assistée (CPMA) de l’Université de Liège est implanté au sein de l’hôpital de la Citadelle depuis 1986.
Le CPMA accompagne les couples dans leur parcours pour devenir parents, en investiguant les causes d’infertilité, qu’elles soient féminines ou masculines.
Le Centre prend en compte non seulement les aspects médicaux, mais aussi les impacts psychologiques que cette situation peut engendrer. Grâce à une approche globale, le CPMA propose des solutions thérapeutiques adaptées à chaque couple pour les aider à réaliser leur rêve d’avoir un enfant.
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